Des témoins détaillent comment des milliards de dollars d’aide américaine ont été versés à des groupes terroristes, lors d’une audition à la Chambre des représentants des États-Unis

Selon certains, les fonds de l'USAID ont servi des pratiques antidémocratiques alors que, pour d'autres, la Chine bénéficie de la suppression de l'aide américaine à l'étranger

Par Mark Tapscott
28 février 2025 04:28 Mis à jour: 28 février 2025 04:31

WASHINGTON – Lors d’une audition du 26 février, la présidente de la sous-commission « Assurer l’efficacité des pouvoirs publics » (Delivering on Government Efficiency) de la Chambre des représentants des États-Unis, Marjorie Taylor Greene, et ses collègues du Parti républicain ont cité des exemples de la manière dont l’aide étrangère américaine nuit aux intérêts des États-Unis à l’étranger. Les Démocrates ont, quant à eux, plutôt cherché à orienter le débat sur Elon Musk, chef du département de l’Efficacité gouvernementale (DOGE).

Le contraste de perspectives entre les deux partis quant à l’impact de l’aide étrangère américaine, en particulier celle dispensée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), sur les intérêts nationaux américains à l’étranger, est apparu clairement dès les déclarations d’ouverture.

« Après que des centaines de milliards de dollars des contribuables américains aient été distribués dans le monde entier, le monde est-il plus sécuritaire ? Non », a déclaré Marjorie Taylor Greene. « Le monde est-il plus stable ? Non. Le monde a-t-il une meilleure perception des États-Unis ? Non. »

« Mais certains des principes les plus antidémocratiques, tels que la censure et l’annulation d’élections, ont-ils été financés par l’USAID en raison de l’opposition aux régimes en place ? Oui. L’argent de l’USAID a-t-il été acheminé à des terroristes ? Oui. »

Pour étayer ces affirmations, Marjorie Taylor Greene a donné plusieurs exemples, dont trois des quatre témoins se sont ensuite fait l’écho.

La démocrate Angela Stansbury a, quant à elle, affirmé que l’audition avait été « concue pour semer la confusion et servir de couverture à Donald Trump et Elon Musk et leur éviscération irraisonnée de l’aide étrangère américaine et la réorganisation des affaires internationales ».

Au cours de la période de questions, les Républicains ont soulevé des cas où l’USAID a envoyé l’argent des contribuables américains à des groupes étrangers liés à des organisations terroristes islamiques telles que le Hamas, le Hezbollah et Al-Qaïda.

Les Démocrates ont, chaque fois, répondu en évoquant Elon Musk, dont le département de l’Efficacité gouvernementale vise à réduire les dépenses fédérales, éliminer le gaspillage et identifier les fraudes par le biais d’audits d’agences gouvernementales.

Après avoir souligné que l’aide étrangère américaine représente environ 1 % du budget fédéral, le député Robert Garcia a conclu son interrogatoire en affirmant que les Démocrates « s’opposeront chaque fois » que les coupes budgétaires d’Elon Musk impacteront les programmes et les politiques fédérales.

Lorsqu’on lui a demandé s’il savait que « [les États-Unis] envoient 40 millions de dollars par semaine aux talibans » en Afghanistan, le directeur du groupe de réflexion Forum du Moyen-Orient (Middle East Forum, MEF), Gregg Roman, a répondu par l’affirmative, puis a énuméré une douzaine d’exemples où le financement par l’USAID a été acheminé à des groupes terroristes en Somalie, au Soudan, en Syrie et dans la bande de Gaza.

L’aide de l’USAID serait remise à l’une des centaines d’organisations non gouvernementales (ONG) financées. Les ONG bénéficiaires distribueraient ensuite l’aide américaine à des groupes liés au terrorisme. Selon la loi fédérale, les ministères et les agences doivent s’assurer que l’argent des contribuables américains ne finance pas, directement ou indirectement, des groupes terroristes.

Non seulement l’argent des contribuables américains finit souvent par soutenir des groupes terroristes, mais va également à des pays alliés à la Chine, l’adversaire le plus redoutable des États-Unis, a affirmé Max Primorac, chercheur principal à la Heritage Foundation et ayant effectué 35 ans de travail international au département d’État.

« Malgré ce que nous entendons dans les médias, il n’y a aucun lien entre la gestion de l’aide [internationale] et la sécurité nationale [des États-Unis]. L’Afrique du Sud a reçu des milliards de dollars d’aide américaine, alors qu’elle est le principal partenaire africain de la Chine. Elle soutient le Hamas et l’Iran et s’oppose à nous à chaque occasion aux Nations unies », a déclaré M. Primorac.

« L’été dernier, le Mozambique et la Tanzanie, autres grands bénéficiaires de l’aide, ont mené des exercices militaires de deux semaines avec l’Armée populaire de libération (APL), élargissant la projection de puissance de la Chine jusqu’à notre côte atlantique. Dix-neuf des vingt principaux bénéficiaires de l’USAID sont membres de l’initiative chinoise ‘la Ceinture et la Route’ ».

L’initiative « la Ceinture et la Route » est un programme de prêts de Pékin visant à financer de grands projets d’infrastructure dans des pays étrangers qui peuvent bénéficier aux intérêts de la Chine à l’étranger.

Un autre témoin de l’audition, Noam Unger, directeur de l’Initiative pour le développement durable et la résilience (Sustainable Development and Resilience Initiative) et chercheur principal au Centre d’études stratégiques et internationales, a abondé dans le même sens.

Il a déclaré que « la République populaire de Chine compte plus de postes diplomatiques que n’importe quel autre pays et est le premier partenaire commercial de plus de 120 pays. Elle est également la plus grande source de financement en matière de développement international, par le biais de son initiative ‘la Ceinture et la Route’, de son Fonds d’aide à la coopération Sud-Sud et d’autres initiatives connexes ».

« La Chine rivalise avec les États-Unis pour établir des partenariats dans l’ensemble des pays du Sud, en concluant des accords là où elle le peut. La Chine peut combler les vides laissés par les États-Unis en matière de ‘soft power’ d’une manière qu’elle n’aurait peut-être pas pu faire il y a 15 ans, notamment grâce aux télécommunications et aux infrastructures, tels que les ports et les routes, mais aussi grâce à des programmes de vaccination et d’autres des soins de santé ou au leadership dans le système multilatéral ».

Selon M. Unger, la fermeture de l’USAID, l’arrêt de l’ensemble de ses programmes à l’étranger et le licenciement de son personnel offriront des occasions à la Chine de se faire encore plus de nouveaux alliés qui s’opposeront à leur tour aux intérêts américains.

« Le gouvernement américain achète chaque année plus de 2 milliards de dollars d’aide alimentaire aux agriculteurs américains, et ces derniers fournissent plus de 40 % de l’aide alimentaire envoyée par l’USAID dans le monde. Le gel de l’aide étrangère et l’ordre d’arrêt de travail conduisent au gaspillage du riz, du blé et du soja actuellement en transit et dans les ports. À Houston seulement, des centaines de tonnes de blé cultivé aux États-Unis ont été bloquées », a déclaré M. Unger.

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