Eure : vaste trafic international de chevaux démantelé, entre la Hongrie et la Normandie

Par Emmanuelle Bourdy
28 janvier 2025 10:47 Mis à jour: 28 janvier 2025 10:47

Un vaste trafic de chevaux a récemment été démantelé entre la France et d’autres pays, dont la Hongrie. Suspecté, le gérant d’un haras basé près d’Évreux (Eure) aurait ainsi généré près d’un million d’euros de gains illicites, depuis 2021.

Ce lundi 27 janvier, dans un communiqué, la gendarmerie nationale a indiqué que le marchand de chevaux à l’origine de ce commerce illégal a avoué avoir importé entre 150 et 200 équidés par an, « au mépris des réglementations sanitaires et en lien avec des groupes criminels hongrois », a confirmé la gendarmerie de la Seine-Maritime auprès de France 3 Normandie.

Un cheval acheté 200 euros, revendu entre 2000 et 5000 euros

Ces chevaux étaient importés de différents pays tels que la Hongrie, la Belgique, l’Espagne ou encore le Portugal, pour être revendus auprès de certains centres équestres français. Après falsification des documents relatifs aux équidés, leur prix était surévalué. Un cheval acheté environ 200 euros était ainsi revendu entre 2000 et 5000 euros. Ce trafic a donc permis au gérant du haras, qui a organisé l’importation d’un total d’au moins 200 chevaux par an entre 2021 et 2024, d’engranger près d’un million d’euros de gains.

C’est l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) qui a alerté la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) en mai 2022, lui indiquant avoir repéré l’existence de ce trafic international. Après avoir effectué plusieurs contrôles en fin d’année 2022, la BNEVP a confirmé ce trafic et en a informé le parquet du tribunal judiciaire d’Évreux.

De nombreux documents présumés falsifiés saisis

Le 3 mars 2023, une enquête préliminaire a ensuite été ouverte pour escroquerie en bande organisée, réalisée par la Section de recherches de Rouen, l’OCLAESP (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique), la BNEVP, ainsi qu’avec l’assistance de l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation). « Une coopération policière internationale est également initiée sous l’égide d’Europol et d’Eurojust », a précisé la gendarmerie nationale, ajoutant que « les investigations minutieuses » ont révélé « que le trafic d’équidés est organisé à partir du haras ».

Mickaël P., le gérant du haras âgé de 43 ans, ainsi que deux complices présumés – des femmes âgées d’une vingtaine et d’une trentaine d’années – ont été placés en garde à vue en septembre 2024, puis de nouveau ce mardi 21 janvier, précise Le Parisien. Lors de perquisitions effectuées au sein de leurs domiciles, de nombreux documents présumés falsifiés ont été saisis. De même, « près de 400.000 euros d’avoirs criminels ont été saisis sur les comptes bancaires de l’organisateur présumé du réseau », a indiqué au quotidien francilien un proche de l’enquête.

Il encourt dix ans de prison

Dans l’attente du procès, le quadragénaire a été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’exercer l’activité de marchand de chevaux. Le 25 mars prochain, les trois suspects devront comparaître devant le tribunal correctionnel d’Évreux. Mickaël P. devra répondre de faits d’escroquerie et blanchiment en bande organisée, encourant pour cela dix ans de prison.

Quant aux victimes, 34 ont été identifiées et parmi elles, 17 ont déposé plainte. Après avoir acheté les chevaux, outre les « turpitudes administratives », celles-ci avaient très vite remarqué que certains des équidés n’avaient jamais été dressés.

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