Évasion de Mohamed Amra : 24 nouvelles personnes interpellées

Par Epoch Times avec AFP
24 mars 2025 11:36 Mis à jour: 24 mars 2025 13:53

Un total de 24 nouvelles personnes ont été interpellées lundi dans le cadre de l’enquête sur l’évasion sanglante en mai 2024 du narcotrafiquant Mohamed Amra et de sa cavale de neuf mois, jusqu’à son arrestation fin février en Roumanie.

Il s’agit de la quatrième vague d’interpellations intervenues dans le cadre des investigations menées par des juges d’instruction parisiens spécialisés. Selon une source proche du dossier, confirmant une information de Franceinfo, 24 personnes ont été interpellées lundi. Leur garde à vue peut durer 96 heures.

Selon Franceinfo, figure parmi elles le rappeur Koba LaD, ce que ni le parquet de Paris ni la source proche n’ont confirmé à l’AFP dans l’immédiat. De son vrai nom Marcel Junior Loutarila, il est actuellement en détention provisoire en attendant d’être jugé pour homicide involontaire aggravé, quatre mois après la mort d’un de ses passagers dans un accident de voiture en septembre 2024 à Créteil. Son avocat a refusé de répondre à l’AFP.

Le rappeur Koba LaD, pose avant la présentation des créations de Marine Serre pour la collection Prêt-à-porter Femme Automne-Hiver 2024/2025 à Paris, le 4 mars 2024. (MIGUEL MEDINA/AFP via Getty Images)

Jusqu’à présent, 27 personnes, plus Mohamed Amra, ont été mises en examen. Elles ont pour la plupart été placées en détention provisoire, à l’isolement.

Dans cette enquête « hors normes », les chefs de mise en examen – meurtres, tentatives de meurtre, évasion, le tout en bande organisée, et association de malfaiteurs – font encourir la réclusion criminelle à perpétuité « pour les plus élevés d’entre eux », avait détaillé en conférence de presse le 7 mars la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.

La procureure de Paris et cheffe de la JUNALCO, Laure Beccuau, s’exprime lors d’une conférence de presse suite à l’arrestation à Bucarest du tueur présumé de gang Mohamed Amra, le 7 mars 2025, à Paris. (THOMAS SAMSON/AFP via Getty Images)

Ce sont des « moyens d’enquête extraordinaires » qui ont permis de les identifier, notamment « 440 interceptions téléphoniques et géolocalisations, de véhicules, de captations de données, d’images », avait-elle énuméré.

Parmi les mis en examen figurent des membres présumés du commando qui a attaqué, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut, un fourgon pénitentiaire où était détenu Mohamed Amra lors d’une extraction, au péage d’Incarville (Eure), tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres le 14 mai 2024.

Six personnes suspectées

Outre Amra, six personnes sont suspectées d’avoir fait partie du commando : deux guetteurs – dont l’un a aussi conduit un véhicule, deux autres conducteurs de véhicule et deux passagers.

Parmi eux, Fernando D., 32 ans, surnommé « Abe », interpellé fin février dans une luxueuse villa dotée d’un important dispositif de sécurité à Mijas, dans la province de Malaga (sud de l’Espagne), puis remis à la justice française, et placé en détention provisoire.

TOPSHOT – Un policier tenant un fusil d’assaut garde l’entrée en attendant l’escorte policière transportant Mohamed Amra, au tribunal de Paris, le 25 février 2025. (JULIEN DE ROSA/AFP via Getty Images)

Mais aussi des personnes semblant avoir un rôle plus secondaire : aide à la préparation d’autres tentatives d’évasion d’Amra, à son évasion effective le 14 mai (vol de véhicules par exemple), à sa fuite (location d’appartements, etc.) mais aussi à la fuite des autres membres du commando.

A également été mis en examen Saïd Agouni, déjà condamné pour l’attaque d’un fourgon blindé en 2011 aux côtés du braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd.

Deux autres suspects dans ce dossier aux « dimensions tentaculaires » sont « en attente d’extradition » depuis le Maroc, avait aussi précisé Mme Beccuau et un autre « fait l’objet d’une notice Interpol ». En visite à Rabat le 10 mars, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dit espérer que les deux suspects arrêtés au Maroc soient extradés « dans les prochains jours ».

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin au ministère de la Justice après l’arrestation et l’emprisonnement de Mohamed Amra, un tueur de gang décrit comme « l’ennemi public numéro un » de la France, à Paris, le 26 février 2025. (THOMAS SAMSON/AFP via Getty Images)

« Des liens de proximité » entre Koba LaD et « Black Manjak Family »

Interrogés plusieurs fois sur l’implication éventuelle de membres de la « Black Manjak Family », présentée comme une organisation criminelle basée en Normandie et spécialisée dans les stupéfiants avec de possibles liens avec Koba LaD, le directeur national de la police judiciaire, Christian Sainte, avait simplement indiqué le 7 mars que certains suspects avaient « des liens de proximité » entre eux.

Mohamed Amra est, depuis sa remise à la justice française fin février, incarcéré à l’isolement dans la prison ultra sécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne).

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