Le Premier ministre François Bayrou a demandé mercredi aux syndicats et au patronat de « rétablir l’équilibre financier de notre système de retraites à un horizon proche », ajoutant qu’il « souhaite fixer cet objectif à l’année 2030 », dans une lettre de mission obtenue par l’AFP.
Ce courrier est adressé aux partenaires sociaux à la veille du lancement de trois mois de négociations pour « améliorer » la réforme très impopulaire de 2023.
À la mi-janvier, avant un rapport de la Cour des comptes sur le sujet, François Bayrou avait seulement demandé aux négociateurs de ne pas « dégrader » l’équilibre financier du système, dont le déficit devrait atteindre 6,6 milliards d’euros en 2025.
La recherche de l’équilibre à horizon de cinq ans devrait compliquer la tâche des négociateurs, même si dans son courrier le Premier ministre « confirme que la délégation paritaire pourra discuter de l’ensemble des paramètres de notre système de retraites, sans totem ni tabou » et que les seuls partenaires sociaux décideront « de l’ordre du jour des travaux ».
Les syndicats veulent abroger la réforme de 2023 en revenant sur le recul à 64 ans de l’âge de départ en retraite, et mieux prendre en compte la pénibilité et les carrières hachées qui concernent surtout les femmes, alors que les organisations patronales défendent la nécessité de la réforme.
Les régimes de retraite des agents publics non abordés
Le chef du gouvernement indique par ailleurs aux négociateurs que l’animateur des débats Jean-Jacques Marette tiendra régulièrement « les parlementaires informés de l’avancée » des travaux, au cours de « réunions avec les représentants des groupes politiques à l’Assemblée et au Sénat ».
Si les partenaires sociaux parviennent à un accord, même partiel, François Bayrou s’est engagé mi-janvier à présenter leur texte au parlement pour amender la réforme. Le Premier ministre confirme enfin dans son courrier que les « questions spécifiques aux régimes de retraite des agents publics seront traitées en dehors de votre conférence, dans un format autre », conformément au « souhait unanime » des partenaires sociaux.
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