Le Bel canto célébré à Vérone pour son inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco

Par Epoch Times avec AFP
8 juin 2024 11:50 Mis à jour: 8 juin 2024 11:53

Sous un ciel bleu nuit, le public des Arènes de Vérone, joyau architectural de l’Empire romain, a réservé vendredi soir un accueil triomphal au concert dirigé avec maestria par Riccardo Muti pour célébrer l’entrée du chant lyrique italien au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Ovationnés par le public, les grands airs d’opéra italiens ont résonné dans ce décor majestueux, entonnés par une brochette de stars internationales comme le ténor allemand Jonas Kaufmann, le baryton français Ludovic Tézier ou encore la soprano italienne Eleonora Buratto et ses compatriotes Luca Salsi et Francesco Meli.

[epoch_social_embed] La cultura festeggia l’Opera Italiana patrimonio dell’umanità attraverso una selezione dei brani più celebri. Dall’ @arenadiverona una serata patrocinata dal Ministero della Cultura @MiC_Italia Rivedi l’evento su #Raiplay qui: https://t.co/SP1ovt0CYS#GrandeOpera pic.twitter.com/kikvHcd821 — raicultura (@RaiCultura) June 8, 2024

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Au total 13.500 mélomanes ont assisté à cette grande fête de la musique classique dans le nord de la péninsule, au sein du plus grand théâtre en plein air du monde, pour écouter les pièces d’opéra ancrées dans l’imaginaire collectif italien.

Sous la baguette du maestro Riccardo Muti, 160 musiciens d’orchestre et plus de 300 choristes issus des prestigieuses scènes italiennes ont ouvert le bal en interprétant avec brio des airs des plus grands compositeurs italiens du XIXe siècle.

Très attendu, le célèbre chœur des esclaves de Nabucco de Giuseppe Verdi avec son « Va’pensiero » (Va, pensée), ode à la liberté mêlant beauté et tristesse très populaire en Italie, a visiblement ému le public.

S’adressant à la foule à l’issue de son concert symphonique, Riccardo Muti a rendu un vibrant hommage aux musiciens de l’orchestre, « qui se sont surpassés » selon lui, compte tenu de leur grand nombre qui complique la coordination.

La seconde partie de la soirée, réservée aux airs d’opéra interprétés par des solistes de renommée internationale, a été particulièrement appréciée par le public, enchanté par des mises en scène très colorées.

Seul bémol, la diva russe Anna Netrebko a dû annuler sa venue à la dernière minute pour des raisons de santé.

L’immortel « Casta diva », célèbre air de Norma, un opéra de Vincenzo Bellini, a été magistralement interprété par la soprano australienne Jessica Pratt, dont la voix expressive aux aigus éclatants a fait vibrer l’amphithéâtre.

Dans un autre registre, très applaudi aussi, le pas de deux des danseurs étoiles Roberto Bolle et Nicoletta Manni, sur un air de Madame Butterfly de Giacomo Puccini, dont l’œuvre est célébrée à l’occasion du centenaire de sa mort.

« L’opéra italien historiquement, c’est notre aîné à tous »

Le Bel Canto italien a été intégré au patrimoine culturel de l’Unesco en décembre 2023, une décision saluée par Rome comme la reconnaissance d’une marque d’«excellence » planétaire. Il fait l’unanimité parmi les chanteurs d’opéra du monde entier.

« L’opéra italien historiquement, c’est notre aîné à tous, l’opéra est une invention italienne qui a essaimé partout dans le monde », explique à l’AFP Ludovic Tézier.

Après diverses expériences de théâtre musical au XVIe siècle, l’opéra voit le jour vers 1600 à Florence, où est fondée une académie promouvant une association innovatrice du texte chanté et de la musique.

Le premier grand compositeur a été Claudio Monteverdi (1567-1643) dont l’œuvre « L’Orfeo », jouée au théâtre de la cour de Mantoue en 1607, est considérée par les musicologues comme le point de départ de l’opéra moderne.

« Il y a un vrai plaisir vocal dans le chant italien car la langue italienne est elle-même extrêmement musicale et sonore », relève Ludovic Tézier.

Pour lui, les Arènes de Vérone offrent le cadre idéal pour célébrer le chant italien. « Il y a quelque chose de chaleureux, propice à l’opéra, on vit des moments vraiment magiques », assure-t-il.

« Quand vous rentrez dans l’arène, avec ce public immense en face de vous, on a un sentiment d’humilité, on a l’impression d’être tout petit, mais en même temps on se sent comme un gladiateur qui va au combat car il y a une énergie exceptionnelle qui émane de cet endroit », confie-t-il.

Très applaudi, il a chanté avec verve « Nemico della patria » (Ennemi de la patrie), l’un des plus beaux airs du répertoire de baryton, celui de Carlo Gérard de l’opéra Andrea Chénier d’Umberto Giordano, qui demande selon lui « une tessiture très étendue » et « une grande puissance vocale » face à un orchestre « très nourri ».

Cette soirée a donné le coup d’envoi de la 101e édition du Festival d’Opéra des Arènes de Vérone, qui se poursuivra jusqu’au 7 septembre et devrait accueillir au total plus de 500.000 spectateurs.

Le festival a été créé le 10 août 1913 par le ténor véronais Giovanni Zenatello qui y monta Aïda de Verdi et découvrit les qualités acoustiques miraculeuses de l’amphithéâtre de pierre.

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