Le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne), où a été incarcéré Mohamed Amra, est l’une des prisons les plus sécurisées de France.
C’est « l’une de nos deux prisons les plus carcérales, qui permet à un régime d’isolement extrêmement strict », a expliqué mercredi le ministre de la justice Gérald Darmanin, quelques heures après l’incarcération du narcotrafiquant Mohamed Amra, arrêté samedi en Roumanie après neuf mois de cavale.
La deuxième prison de ce type est située à Vendin-le-Vieil (Pas-De-Calais). Ces deux établissements ont l’habitude de recevoir des détenus mis en cause dans des affaires de terrorisme ou de criminalité organisée.
« Des dispositifs de sûreté très perfectionnés »
Ouverte en janvier 2013, la prison de Condé-sur-Sarthe possède selon le site du ministère de la Justice « des dispositifs de sûreté très perfectionnés », elle est notamment entourée de quatre miradors et d’un mur d’enceinte trois mètres plus haut qu’ailleurs.
Mi-février, le ministre de la Justice l’avait visitée dans le cadre de sa tournée des quatre sites envisagés pour accueillir une prison de haute sécurité pour les narcotrafiquants les plus dangereux.
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Le centre de Condé-sur-Sarthe est composé « de deux entités distinctes » : une maison centrale « placée sous haute surveillance » et un quartier bâti en dehors du mur d’enceinte pour des personnes détenues en régime de semi-liberté ou aménagement de peines, selon sa plaquette de présentation.
Selon l’observatoire international des prisons, la maison centrale comptait au 1er janvier 2025 107 détenus pour 135 places.
Les détenus y sont encadrés par 272 personnels pénitentiaires, dont 206 surveillants.
En septembre 2018, un quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) a été ouvert au sein de la prison, le deuxième en France à l’époque après celui de Lille-Annoeulin. Il en existe maintenant six pour les hommes et deux pour les femmes.
Dans une lettre ouverte aux autorités datée du 25 février, la CGT de l’Orne s’interrogeait sur les moyens financiers et humains donnés à la prison pour accueillir les narcotrafiquants en toute sécurité, les dispositions mises en place pour protéger les personnels ainsi que leurs familles et la sécurisation des abords de la prison et des proches riverains.
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Plusieurs incidents graves néanmoins
Le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe a connu plusieurs incidents graves alors qu’il est l’un des plus récents et modernes de France.
En 2014, l’ancien chef du « gang des Barbares », Youssouf Fofana y avait agressé à deux reprises des surveillants.
Tony Meilhon, le meurtrier de Laetitia Perrais, avait quant à lui incendié sa cellule en 2016.
En mars 2019, Michaël Chiolo et sa compagne qui lui rendait visite avaient gravement blessé deux surveillants et s’étaient retranchés dix heures durant avant l’assaut des forces d’intervention, blessant l’assaillant et tuant sa compagne.
En juin 2019, deux personnels pénitentiaires avaient été pris en otage par le « champion de la prise d’otage carcérale », Francis Dorffer.
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