Le PCC utilise des médicaments psychiatriques pour persécuter ses propres fonctionnaires

"Il s'agit d'une situation extrêmement choquante - de telles choses ne se sont même pas produites pendant la révolution culturelle", a déclaré l'ancien professeur de droit Yuan Hongbing

Par Xin Ning & Cindy Li
28 février 2025 19:12 Mis à jour: 28 février 2025 19:39

Selon une source au sein du système communiste, le Parti communiste chinois (PCC) utilise des médicaments psychiatriques contre certains fonctionnaires victimes de purge, soulignant l’intensité des luttes de pouvoir au sein du parti.

Le 21 février, Yuan Hongbing, ancien professeur de droit à l’université de Pékin et célèbre dissident exilé en Australie, a déclaré à Epoch Times que, trois jours plus tôt, un cadre du PCC avait révélé l’existence d’une directive interne top secrète émise par le Comité central pour l’inspection disciplinaire du PCC en 2023.

La directive stipule que tout fonctionnaire visé par un purge, s’il est impliqué dans des questions politiques – et donc déloyal envers le dirigeant du PCC Xi Jinping – se verra injecter des médicaments psychiatriques qui le rendront inapte à exercer ses fonctions.

« Tout fonctionnaire qui fait preuve de déloyauté politique à l’égard de Xi Jinping peut se voir injecter des médicaments psychiatriques », estime M. Yuan.

Il ajoute que l’application de telles méthodes met en évidence les luttes de pouvoir brutales au sein du PCC.

« Vous pouvez constater que les luttes intestines au sein du PCC ont atteint un point d’ébullition intense. »

La lutte entre Xi Jinping et Wang Qishan

M. Yuan a eu des contacts directs avec Xi Jinping dans les années 1980 et est resté en contact avec les principaux cercles politiques chinois.

Selon lui, l’ancien vice-président chinois Wang Qishan n’a pas apprécié que Xi Jinping ait suivi les conseils d’autres cadres, notamment Cai Qi, membre du comité permanent du Politburo.

« À l’origine, Xi Jinping souhaitait maintenir Wang Qishan au sein du comité permanent du Politburo au-delà de l’âge de la retraite. Mais les proches alliés de Xi Jinping, dont Cai Qi, pensaient que M. Wang nourrissait des ambitions personnelles et que sa présence continue au sein du comité permanent menacerait la position de M. Xi », a-t-il expliqué à Epoch Times.

« En conséquence, M. Xi est revenu sur la promesse qu’il avait faite à M. Wang, en lui confiant le rôle essentiellement cérémoniel de vice-président et en le poussant à prendre sa retraite, entraînant ainsi un conflit entre eux. »

Une autre source de tension entre les deux hommes provient des efforts de M. Xi pour purger les fonctionnaires du PCC, en particulier ceux des secteurs financier et bancaire.

Selon lui, M. Xi doit s’emparer de quantités astronomiques de leurs richesses pour atténuer les crises économique et budgétaire. La base du pouvoir de M. Wang se trouvait principalement dans les secteurs bancaire et financier, car il avait passé une grande partie de sa carrière dans ces domaines, cultivant un large groupe de partisans loyaux, a ajouté M. Yuan.

« Ces deux raisons ont conduit à ce qui peut être décrit comme un conflit irréconciliable entre MM. Wang et Xi. »

« Récemment, la faction des « princes du PCC » a cherché à empêcher Xi jinping d’obtenir un troisième mandat lors du 21congrès du Parti, et elle se prépare à proposer M. Wang comme remplaçant de M. Xi. Ce qui a déclenché les plans de M. Xi pour lancer une répression décisive et destructrice contre la faction de M. Wang. Voilà la toile de fond de toute cette situation. »

Le dirigeant chinois Xi Jinping (à dr.) et l’ancien chef de la lutte contre la corruption Wang Qishan à Pékin le 30 septembre 2014. (Feng Li/Getty Images)

Selon M. Yuan, les soi-disant condamnations à mort avec sursis prononcées par M. Xi sont, en réalité, un signal indiquant que les personnes qu’il souhaite éliminer subiront une forme de punition en interne.

« Une fois que ces individus sont condamnés à mort avec sursis et emprisonnés, ils sont soumis à des traitements médicamenteux spéciaux qui endommagent leur système nerveux. Même s’ils restent en vie, leur esprit sera gravement endommagé, les rendant mentalement incapables. »

M. Yuan a enseigné à l’université de Pékin pendant huit ans et à l’université normale du Guizhou pendant dix ans, dispensant des cours à 2000 à 3000 étudiants de premier cycle et à des milliers d’étudiants en formation pour adultes. Pendant son séjour à l’université de Pékin, il a dispensé des cours à une grande partie des officiers de la police armée du peuple chinois. De nombreux camarades de classe de M. Yuan sont des hauts fonctionnaires du PCC.

L’ancien professeur de droit estime que cette situation témoigne de l’extrême intensité de la lutte pour le pouvoir au sein du PCC.

« Il s’agit d’une situation extrêmement choquante – de telles choses ne se sont même pas produites pendant la révolution culturelle. C’est vraiment diabolique. »

« En toute logique, ces fonctionnaires sont leur propre peuple, et pourtant ils les traitent de cette manière. Imaginez comment ils doivent traiter les citoyens ordinaires. »

Persécution du peuple chinois par le PCC en matière de drogues

Le PCC a commencé à utiliser des drogues pour persécuter les Chinois ordinaires, le groupe de victimes le plus important étant celui des pratiquants du Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa, une pratique spirituelle enracinée dans la culture chinoise traditionnelle qui comprend des enseignements moraux fondés sur les principes de vérité, compassion et tolérance, ainsi que des exercices de méditation.

En juillet 1999, constatant que le nombre de pratiquants du Falun Gong avait atteint 70 millions, dépassant le nombre de membres du parti du PCC, l’ancien dirigeant du PCC, Jiang Zemin, a lancé une persécution nationale contre ce groupe spirituel.

Au cours des 25 années de persécution des pratiquants du Falun Gong, les responsables du PCC les ont envoyés dans des hôpitaux psychiatriques, les ont détenus illégalement dans des centres de détention et des prisons, et les ont soumis à de mauvais traitements tels que la drogue et la torture, et d’autres formes de maltraitance.

Selon le « Rapport d’enquête sur la persécution spirituelle » publié en 2004 par l’Organisation mondiale chargée d’enquêter sur la persécution du Falun Gong, des cas de persécution des pratiquants du Falun Gong liés à la drogue ont été constatés dans des hôpitaux psychiatriques, des centres de lavage de cerveau, des centres de réhabilitation pour toxicomanes, des centres de détention, des camps de travail, des prisons et d’autres établissements dans toute la Chine.

Certains ont été soumis à des injections forcées ou ont reçu de force diverses drogues qui ont endommagé leur système nerveux central avant d’être victimes de chocs électriques, de ligatures prolongées, d’alimentation forcée et d’autres formes de mauvais traitements.

En conséquence, certains sont devenus aveugles, sourds, totalement ou partiellement paralysés, ont perdu la mémoire, ont souffert de confusion mentale et de folie, ont développé des ulcères cutanés à long terme ou ont subi de graves lésions des organes internes qui ont conduit à la mort. La majorité des personnes décédées avaient enduré des tortures mentales brutales.

Au 25 décembre 2024, selon des statistiques incomplètes, Minghui.org, un site web consacré au suivi de la persécution des pratiquants du Falun Gong par le PCC, a recueilli et vérifié par des voies non officielles que 5180 pratiquants du Falun Gong ont été persécutés à mort. Les cas de décès sont répartis à travers toute la Chine.

Reconstitution d’une scène de torture : Injection forcée de drogues inconnues à un pratiquant du Falun Gong pour le contraindre à renoncer à sa foi. (Crédit Photo : Minghui.org)

En 2000, Lu Hongfeng, pratiquante de Falun Gong et ancienne directrice adjointe d’une école primaire de la ville de Lingwu, dans le Ningxia, une région autonome du Nord, a été gavée de médicaments neurotoxiques par l’hôpital psychiatrique de Lingwu. L’hôpital a utilisé un médicament importé d’Allemagne, qui plongerait la plupart des gens dans le coma pendant trois jours après l’absorption d’une seule pilule. Mme Lu a été forcée de prendre 24 pilules par jour. Après plus de 50 jours, Mme Lu est décédée.

En 2022, Wang Yuling, une pratiquante du Falun Gong alors âgée de 72 ans et originaire de la ville de Zibo, dans la province orientale du Shandong, a été arrêtée par la police pour avoir fait connaître au public la vérité sur le Falun Gong. Elle a ensuite été condamnée illégalement à un an et demi de prison. Dans la prison pour femmes de Shandong, elle a subi des tortures cruelles, notamment l’ingestion forcée de drogues non identifiées. En conséquence, elle a souffert de douleurs constantes après sa libération et est décédée en octobre 2024.

Zhou Dongying, une pratiquante du Falun Gong de la ville de Yueyang, dans la province méridionale du Hunan, a été arrêtée à plusieurs reprises, elle a été soumise plusieurs fois à des séances de lavage de cerveau et a été internée à deux reprises dans des hôpitaux psychiatriques. Elle a été torturée, soumise à des chocs électriques et s’est vu injecter de force des médicaments qui ont endommagé son système nerveux central. En 2015, elle a été victime d’une hémorragie cérébrale, d’une thrombose cérébrale, de pertes de mémoire, de troubles de l’élocution et de paralysie, et est devenue totalement incapable de prendre soin d’elle-même. Elle est décédée en février 2024.

Le 25 février 2025, une recherche sur la version chinoise de Minghui.org pour le terme « drogue » a donné 14.296 articles et entrées connexes. Une recherche sur le terme « injection » a donné 7673 résultats.

Les dissidents et les activistes de la Chine communiste ont également été victimes de tourments induits par la drogue, comme Peng Ming.

M. Peng, entrepreneur chinois et dissident politique de la province centrale du Hubei, a fondé en 1998 l’« Union pour le développement de la Chine », dont les principaux membres sont des intellectuels indépendants. Il a plaidé en faveur d’un modèle de fédéralisme chinois, mais les autorités ont fait fermer l’organisation. En 2000, M. Peng a fui la Chine et, aux États-Unis, a créé le « Comité de développement fédéral pour la Chine » dans le cadre du mouvement en faveur de la démocratie.

En 2004, M. Peng a été secrètement appâté et kidnappé par des agents chinois au Myanmar, puis ramené en Chine. En 2005, le tribunal de Wuhan l’a condamné à la prison à vie pour « organisation et direction d’une organisation terroriste » et l’a privé à vie de ses droits politiques. M. Peng est décédé en 2016 à la prison de Xianning, dans le Hubei.

D’après M. Yuan, le PCC a administré à M. Peng une quantité excessive de médicaments, entraînant une mort cérébrale et, en fin de compte, le décès de ce dernier.

Le très médiatisé « incident du 709 » s’est produit en 2015, lorsque le ministère chinois de la Sécurité publique a lancé une campagne de répression à l’échelle nationale, arrêtant des avocats spécialisés dans la défense des Droits de l’Homme à travers toute la Chine. En décembre 2016, pas moins de 319 avocats, membres du personnel de cabinets juridiques, défenseurs des droits de l’homme et leurs familles ont été interrogés, interdits de quitter le pays, assignés à résidence, arrêtés ou ont fait l’objet d’une disparition forcée. Vingt-trois provinces ont été touchées par ces incidents.

En 2017, Epoch Times a interrogé des avocats libérés et leurs familles. Selon les proches de Li Chunfu, un défenseur des droits de l’homme arrêté lors de l’« incident du 709 », la plupart des avocats libérés à la suite de l’« incident du 709 » ont été contraints d’absorber des drogues inconnues pendant leur détention.

Photos des avocats pékinois Zhang Kai et Li Chunfu qui ont été battus par la police de Chongqing alors qu’ils étaient chargés d’une affaire concernant le Falun Gong. (Epoch Times)

Un autre exemple est celui de Su Yifeng, un ancien conducteur de chariot élévateur de la ville de Guizhou, dans le sud du pays, qui a été détenu illégalement dans un hôpital psychiatrique en 2006 pour son activisme et qui a survécu de justesse.

« Je devais prendre des médicaments tous les jours, et je devais les prendre devant [les médecins]. Après avoir absorbé le médicament, ils m’obligeaient même à ouvrir la bouche pour vérifier si je l’avais avalé », a raconté M. Su, actuellement à Los Angeles, à NTD, média partenaire d’Epoch Times, le 7 février dernier.

« Il y avait plusieurs types de pilules, une poignée entière, différentes sortes, et après les avoir prises, j’avais parfois des gonflements. »

Pour M. Su, le PCC est « la véritable secte, une organisation anti-humaine, anti-civilisation et anti-valeurs universelles ».

« Le PCC n’a pas le droit de représenter la Chine ou le peuple chinois. »

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