ESPRIT DE LIBERTé

« L’école ne fait plus son travail, les enfants n’apprennent plus rien » – Aude Denizot

février 27, 2025 18:31, Last Updated: février 27, 2025 18:31
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Aude Denizot est professeur agrégé en droit privé à l’université du Mans. Elle a également enseigné l’économie et la gestion au lycée il y a quelques années. 

Elle est l’auteur du livre « Pourquoi nos étudiants ne savent-ils plus écrire ? » (éd. Enrick B).

Un ouvrage dans lequel elle analyse les causes de la chute du niveau des élèves, notamment en français, tout en proposant des solutions pour enrayer l’effondrement du système scolaire.

Une baisse continue du niveau scolaire

« Longtemps, j’ai refusé d’admettre que le niveau des étudiants baissait. Il me semblait qu’il y avait là une idée reçue qui existait depuis toujours, et que, déjà, nos arrière-arrière-grands-parents considéraient que le niveau baissait », écrit Aude Denizot.

« J’ai peu à peu constaté que le niveau de français se dégradait. Les fautes devenaient de plus en plus graves et de plus en plus nombreuses, les phrases ne voulaient plus rien dire, les mots n’avaient plus aucun sens », ajoute-t-elle.

« Chaque année, nous découvrons des erreurs de français qui, jusqu’à présent, n’avaient jamais été commises », poursuit l’enseignante.

Outre de sérieuses lacunes en orthographe, en conjugaison et en grammaire, Aude Denizot souligne que le vocabulaire des étudiants s’est aussi « considérablement appauvri », ce qui induit notamment des « problèmes de compréhension en lecture, avec des difficultés à mesurer ce que dit un texte pourtant assez simple » et des étudiants qui confondent des mots usuels.

« La baisse du niveau est extrêmement inquiétante puisqu’on arrive à un point où le langage écrit et oral ne permet plus de communiquer, pointe la professeure de droit. On a des enfants qui sont hors-sol. »

Toutes les disciplines concernées

Des difficultés que l’on retrouve dans toutes les disciplines, selon Aude Denizot.

« J’échange beaucoup avec une professeure en filière informatique. Elle est absolument effrayée par le niveau de mathématiques de ses étudiants qui sont incapables de faire le moindre calcul. Pour multiplier par dix ou diviser par dix, les étudiants prennent la calculatrice. Ils font beaucoup d’erreurs, dès lors qu’ils n’ont plus la calculatrice c’est terminé. Il n’y a aucune capacité de calcul mental, les ordres de grandeur ne sont pas maîtrisés », explique-t-elle.

« Les professeurs d’histoire vous diront la même chose. Les étudiants mélangent un peu tout, ils ont une vision très caricaturale de l’histoire, ils connaissent comme ça quelques thématiques, mais il n’y a pas de connaissances historiques. […] certains étudiants pensent que le Chili est en Afrique, ils n’ont aucune connaissance du monde, de la planète en général. »

« Nous avons la sensation que nous faisons cours à des étudiants qui ne vivent pas dans le même monde que nous, pratiquement. »

L’empire de la bêtise

D’après l’enseignante, la chute du niveau scolaire n’épargne d’ailleurs personne, les très bons élèves en faisant également les frais.

« Il ne faudrait pas croire que cette baisse du niveau ne concerne que les mauvais élèves ou les élèves moyens. Tout le monde est concerné, y compris les très bons élèves qui sont, certes, très bons aujourd’hui, mais qui sont moins bons que ne l’étaient les très bons élèves d’il y a dix, vingt ou trente ans. »

Pour Aude Denizot, l’Éducation nationale, bien consciente de la chute du niveau des élèves dont les classements TIMSS et PISA témoignent régulièrement, refuse pourtant de reconnaître son échec et continue au contraire à tout faire pour « imposer sa propre vision, son propre programme, son propre abêtissement, sa propre nullité ». 

Et Aude Denizot de conclure : « L’idée, c’est que la masse – tout le monde sauf les enfants des élites, bien sûr, qui arrivent à échapper à cela – soit dans le même moule totalitaire, avec des idées toutes faites, une certaine idéologie, des cours d’histoire un peu orientés, mais surtout, je dirais, cette nullité. Les enfants ne savent ni écrire ni lire, ni compter, donc c’est vraiment l’empire de la bêtise et on veut imposer ça à tous pour qu’il y ait très peu de têtes qui dépassent. »

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