Le 23 février, un groupe aéronaval français s’est rendu aux Philippines après avoir mené des exercices en mer de Chine méridionale avec les forces philippines, dans un contexte de tensions croissantes dans la région où le régime chinois se montre de plus en plus agressif envers ses voisins.
Le groupe d’intervention français, dirigé par le porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle, a accosté le 21 février à la Baie de Subic, face à la mer de Chine méridionale, pour une pause après deux mois et demi de déploiement dans la région indopacifique. L’ambassadrice de France à Manille, Marie Fontanel, a souligné qu’il s’agissait de la toute première fois que le porte-avions faisait escale dans cette baie et aux Philippines.
« Nous souhaitons approfondir notre coopération avec les partenaires régionaux qui partagent avec nous des valeurs communes, comme le respect du droit international et la liberté de navigation dans les espaces maritimes partagés », a déclaré Mme Fontanel lors d’une conférence de presse sur le pont d’envol du Charles de Gaulle, le 23 février.
Mme Fontanel s’est exprimé à côté d’un avion de surveillance, d’un hélicoptère d’assaut et de plusieurs avions de chasse supersoniques Rafale stationnés, tandis que les drapeaux philippin et français flottaient au vent.
« Notre présence est un rappel constant de l’importance de promouvoir et de protéger ce qui nous unit tous, c’est-à-dire le droit international et la coopération », a affirmé Mme Fontanel.
Le groupe d’intervention français se tenait dans les Philippines dans le cadre de l’opération Clemenceau 25, qui a débuté en novembre de l’année dernière. Cette opération visait à démontrer la supériorité navale de la France et la projection de sa puissance de la Méditerranée à l’océan Pacifique, selon le ministère français de la Défense.
Au cours du mois d’avril de l’année dernière, la Marine française a déployé pour la première fois une frégate pour une mission de navigation conjointe avec les forces navales américaines et philippines en mer de Chine méridionale. Selon l’agence de presse des Philippines, la frégate française a été rejointe par deux navires philippins et un navire de débarquement américain. Cette navigation commune de cinq jours s’inscrit dans le cadre des exercices de combat annuels entre les Philippines et les États-Unis, baptisés Balikatan.
L’année dernière, l’exercice Balikatan a réuni 16.000 soldats des États-Unis, des Philippines et de pays alliés, dont l’Australie et la France, selon un communiqué des forces armées philippines.
Le 21 février, cinq navires français – le Charles De Gaulle, un destroyer multimissions, un navire de ravitaillement, un destroyer de défense aérienne et une frégate – et plusieurs navires philippins se sont réunis pour plusieurs exercices, notamment des exercices de lutte anti-sous-marine et des entraînements au combat aérien en mer de Chine méridionale, selon les Forces armées philippines.
« La présence du groupe d’attaque de porte-avions Clemenceau 25 témoigne de l’engagement continu de la France à promouvoir la paix et la stabilité dans la région indopacifique », a indiqué la marine philippine dans un communiqué le 23 février.
« Alors que les Philippines continuent de renforcer leurs partenariats en matière de défense, la marine philippine se réjouit de renforcer ses liens avec la France et d’élargir les possibilités de coopération mutuelle dans les années à venir. »
Le Charles de Gaulle est le seul porte-avions à propulsion nucléaire au monde, à l’exception de ceux de la marine américaine.
En décembre 2023, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, et le secrétaire philippin à la Défense, Gilberto C. Teodoro Jr., ont signé une lettre d’intention visant à approfondir les relations bilatérales en matière de défense.
L’ambassade de France à Manille a déclaré que l’escale du groupe d’intervention français aux Philippines « s’inscrit dans le cadre de la lettre d’intention ».
Les tensions entre la Chine et les Philippines sont restées vives après qu’un hélicoptère de la marine chinoise s’est dangereusement rapproché d’un avion de patrouille philippin autour du haut-fond de Scarborough, l’un des territoires contestés de la mer de Chine méridionale, le 18 février.
L’évènement a suscité une condamnation internationale, en particulier de la part de l’ambassadrice des États-Unis aux Philippines, MaryKay Carlson.
Laure Beaufils, ambassadrice britannique aux Philippines et à Palau, a déclaré que son pays était « profondément préoccupé » par les « actions dangereuses » de l’hélicoptère chinois, selon un message publié sur la plateforme de médias sociaux X le 20 février.
« Ces actions augmentent les probabilités d’erreurs d’appréciation, ce qui met des vies en danger. Nous demandons le respect des règles du droit international », a écrit Mme Beaufils.
L’ambassadeur australien aux Philippines, HK Yu, a également critiqué les actions du régime chinois.
« L’Australie partage les préoccupations concernant les manœuvres rapprochées d’un hélicoptère militaire chinois en direction d’un avion philippin au-dessus de la mer de Chine méridionale cette semaine. Ce type de conduite entraîne des risques d’accident et d’erreur de calcul. Les différends doivent être réglés de manière pacifique dans le respect du droit international », a écrit M. Yu sur X le 20 février.
Avec Associated Press
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